Quelles sont les applications de la blockchain en supply chain ?

  1. Définition de la Blockchain
  2. Applications de la blockchain en supply chain
  3. Bénéfices de la blockchain en supply chain
  4. Smart-contracts
  5. Comment seraient introduites les informations dans la blockchain ?
  6. Le futur de la blockchain
  7. Implémenter une solution blockchain dans son entreprise et sa supply chain

Définition de la Blockchain :

Ces derniers mois, de nombreuses idées ont été évoquées quant aux apports et aux potentielles applications de la blockchain en supply chain. Pour rappel, la blockchain « est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle » pour reprendre la définition de blockchain France. C’est une base de données, sécurisée et distribuée contenant toutes les transactions de données réalisées entre ses utilisateurs depuis sa création. On peut distinguer deux types de blockchain : les blockchains publiques, accessibles à tous et les blockchains privées accessibles à un nombre restreint d’utilisateurs. En ce qui concerne les applications supply chain, les projets portant sur une blockchain privée sont majoritaires.

Attention, on associe beaucoup la blockchain au bitcoin. Or, si le bitcoin fonction grâce à la « blockchain bitcoin », toutes les autres blockchains implémentées de manière publique ou privée son indépendante du bitcoin.

Applications de la blockchain en supply chain

1. Traçabilité

Certaines supply chain souffrent d’une opacité et d’un manque de transparence dans leurs process. Ce manque de vision sur la qualité ou l’origine des matériaux ou produits (on pense notamment à l’agroalimentaire) est un défaut que les grandes marques cherchent à corriger compte tenu de l’impact négatif que cela peut provoquer sur leur image.

2. Lutte contre la fraude et la contrefaçon

La supply chain possède également des aspects négatifs pour l’entreprise d’un point de vue financier, puisqu’elle peut par exemple perdre des sommes d’argent conséquentes par son biais. A titre d’exemple, la fraude dans la supply chain agroalimentaire représentait 40 milliards de $ en 2016 (source Pwc).

3. Processus de vérification

Le nombre d’acteur et de transactions intervenant dans la supply chain est considérable, ralentissant par conséquent les process et augmentant les risques de pertes ou d’erreurs. À l’international, les documents liés aux échanges ainsi que les versements financiers lors de livraisons pourraient accélérer des processus de vérifications parfois interminables et permettre une validation instantanée entre les organismes financiers des différents acteurs réunis autour d’un même système distribué.

 

blockchain en supply chain

Bénéfices de la blockchain en supply chain

1. Une réduction des délais et des coûts conséquente

Les processus présents en supply chain reposent encore grandement sur des vérifications papiers et manuelles qui sont sources d’erreurs et de pertes de temps. Un document manquant en un point de la chaîne logistique est susceptible de stopper tout un processus. A titre d’exemple, la digitalisation via blockchain du transport maritime pourrait faire diminuer le coût de ce transport de 20% (source : Blockchain Partner). De nombreux secteurs sont concernés : le luxe, les vins de prestige, l’industrie pharmaceutique, l’immobilier ou encore les industries lourdes. La suppression des parties intermédiaires dits « de confiance » renforce par ailleurs cette réduction des coûts et des délais.

2. Transparence

Le manque de transparence nuit aux différents acteurs de la supply chain. D’une part pour le consommateur qui in fine n’a pas de moyens pour vérifier l’origines des marchandises qu’il achète, d’autre part pour l’entreprise qui manque parfois de vision sur sa supply chain quand celle-ci est internationale, implique nombre d’acteurs, et est victime de vol ou de perte. Or, un registre blockchain distribué entre ses acteurs permet d’identifier la source de la perte, du vol ou de la fraude assurant ainsi un meilleur contrôle global.

3. Sécurité des approvisionnements

Pour sécuriser son approvisionnement rapidement et facilement, il suffirait d’appliquer une « étiquette » sur un produit, c’est à dire l’inscrire sur la blockchain en respectant les données suivantes : Historique, stockage, origine, véracité, certificat de propriété. Ainsi toutes les données seront répertoriées au même endroit et facilement accessibles.

4. Homogénéiser les données

Les différents partenaires ont souvent des versions différentes des documents d’achats, de ventes ou de paiements. La blockchain permet d’homogénéiser les informations et les documents, évitant ainsi une perte de temps pour les parties engagées. Chaque partie concernée par l’échange dispose donc des mêmes données.

5. Automatisation et fluidification du processus d’achat

Sur la blockchain, des « contrats intelligents » (smart-contracts) peuvent être construits. Lorsque les conditions choisies par les différentes parties sont remplies, ces contrats « intelligents » exécutent automatiquement leurs termes et conditions pour des facturations, livraisons, validations de paiements…

Smart-contracts

En effet, si la blockchain se substitue aux tiers de confiance, il faut néanmoins que les différents intervenants puissent s’accorder sur des contrats et des règles à respecter lorsqu’il s’agit d’échanger ou de mener des opérations. C’est ici qu’interviennent les smart-contracts. Cette technologie permet d’automatiser les prises de décision en fonction de modalités de contrat prédéterminées. Ces modalités sont appliquées à chaque nouvelle entrée de données avant qu’elles ne soient inscrites de manière définitive dans la blockchain.

Si un acteur ou une société tente d’ajouter une facture et que cette dernière correspond aux conditions du contrat (délais, prix, livraison…), la donnée peut être ajouté au réseau blockchain et la facture doit être réglée.

Toutefois, s’il s’agit d’une facture dupliquée, le smart-contract et la blockchain examinent tous les éléments du contrat tels que les quantités commandées, les conditions du contrat, factures ou paiements existants. Si une erreur est décelée, le bloc ne sera pas confirmé et les données ne seront pas inscrites à la blockchain.

Comment seraient introduites les informations dans la blockchain ?

Deux manières possibles ici : manuellement d’abord, en scannant ou photographiant les documents (factures…) et en les transmettant sur une plateforme dédiée sous réserve de certains critères de confirmation ; automatiquement ensuite, grâce à des sondes ou capteurs connectés mesurant température, positionnement, poids et autres caractéristiques particulières à chaque industrie.

Le futur de la blockchain :

Bien qu’elle soit toujours une technologie en voie de développement et devant faire ses preuves, la supply chain sera un domaine d’application privilégié, d’où la nécessité pour les supply manager de maîtriser le sujet en profondeur. Elle s’inscrit dans la logique de dématérialisation apparue depuis plusieurs années et permettra de gérer des opérations variées comme les commandes, la gestion de stock, les finances…

La blockchain ne résoudra peut-être pas tout les maux de la supply chain, mais elle participera sans aucun doute à son amélioration. Si ce n’était pas le cas, les grands groupes tels que Walmart ou Amazon ne mèneraient pas de coûteuses études sur son potentiel et ses applications. Les tests menés depuis 2016 semblent d’ailleurs prometteurs puisqu’il ne faut plus par exemple que quelques minutes au lieu de quelques jours pour retrouver l’origine d’un produit inscrit sur la blockchain.

 

 

Vidéo réalisée par IBM présentant les avantages de la blockchain en supply chain (vidéo en anglais).

Implémenter une solution blockchain dans son entreprise et sa supply chain :

Sur le papier tout cela est très intéressant, mais comment mettre une blockchain en place concrètement ?

Aujourd’hui, nombre de firmes sont passées du PoC (Proof of Concept), c’est-à-dire démontrer qu’une solution blockchain pourrait être adaptée à une entreprise et lui apporter de la valeur, à des réalisations concrètes.

Les techniques et technologies pour y parvenir sont toutes open-source, permettant à tout développeurs de travailler sur l’implémentation d’une blockchain en supply chain et ses problématiques.

Pour arriver à cela, plusieurs étapes et connaissances (ici simplifiées) sont nécessaires :

– La méthode présentée ci-dessous n’est qu’une possibilité parmi d’autres –

1. Choisir sa plateforme :

ethereumLa plateforme Ethereum est pour le moment la plus à même pour construire des applications blockchain (elle est reconnue pour la création des smart-contracts et des Dapps – Decentralized Application). Une communauté importante et dynamique ainsi que nombre de documents expliquant son fonctionnement sont accessibles librement. D’autres plateformes telles que EOSIO ou STELLAR existent, mais Ethereum reste la plateforme dominante.

Le développement sur Ethereum se fait par un ensemble de langages communs : C++ (Cpp-ethereum), Haskell (ethereumH), JavaScript (EthereumJS-lib) ou Python (Pyethapp). Les smart-contracts eux sont implémentés grâce à Solidity, un autre langage (expliqué plus loin).

2. Initialiser la Blockchain :

Il s’agit ici d’émettre le 1er bloc qui doit contenir toutes les informations relatives à la blockchain. Ils seront ensuite partagés à tous les nœuds du réseau.

Pour définir ce bloc, vous devez créer un fichier au format JSON. Certains paramètres doivent être précisés : « nonce » (généralement le hachage cryptographique génère une valeur aléatoire), « timestamp » (temps de validation entre deux blocs successifs), etc.

Une fois ce fichier JSON rempli, on peut initialiser le 1er bloc.

3. Implémenter des smart-contracts :

Avant de considérer cette étape, il s’agit d’avoir une connaissance profonde de l’environnement blockchain et de ses limites. Il est donc important de bien évaluer si la présence d’un smart contract sera pertinente dans votre système, ce qui sera le cas si vous avez besoin de résoudre un problème de confiance entre deux acteurs.

Le langage de référence pour développer de telles applications sur Ethereum est Solidity. Ce langage est relativement simple (pour un développeur). Le code est cependant assez sensible, aussi la moindre erreur a des conséquences.

4. Choisir son protocole de consensus :

Ce protocole sera la manière dont seront résolus les calculs permettant la validation et l’émission des différents blocs.

Lorsqu’un des mineurs parvient à trouver la solution, elle doit être facilement vérifiable par tous. Le premier à trouver la solution gagne le droit d’écrire le bloc suivant. La difficulté du problème mathématiques à résoudre est ajustée en temps réel en fonction de la puissance totale du réseau. En effet de cette manière, les blocs sont créés à intervalles réguliers. Ce système rend les tentatives de piratage difficiles (car devenir la première puissance de calcul est extrêmement coûteux) et protège contre les tentatives de spam visant à surcharger le réseau. Comme l’identification du « pirate mineur » est facile, falsifier la blockchain (en rassemblant plus de 50% de la puissance de calcul totale) revient à détruire son investissement matériel et à s’exclure du réseau.

Hashcash est un consensus « Proof of Work ». Il suffit de crypter un message via une fonction de hachage. Trouver la clé de déchiffrement est mathématiquement impossible : il n’y a pas d’autre solution que de générer des clés au hasard et de les essayer une par une pour trouver le message original. Cet effort nécessite une puissance de calcul, c’est la Proof of Work.

D’autres types de consensus existent, vous pouvez les explorer ici.

5. Erreur dans le système :

blockchain coding supply chain

Contrairement à un programme exécuté par un ordinateur, un bloc est exécuté sur un ensemble de nœuds ou determinaisons de réseau. Chacun d’eux doit donner lieu à un traitement équivalent à ceux des autres. Ce processus rend le débogage de l’application et la correction de l’erreur longs et compliqués.

Résoudre le problème peut prendre du temps car il s’agit de créer un nouveau bloc et attendre que la chaîne répande les changements.

Pour toutes ces raisons, il est recommandé de faire vérifier votre smart-contract par un expert. Une phase qui serait d’autant plus essentielle dans le cas d’un contrat déployé sur une chaîne publique à des fins commerciales ciblant des clients.

Où trouver des développeurs Blockchain ?

Il faut prendre en compte la difficulté et la rigueur nécessaire à ce travail lors de la sélection de l’équipe de développement. Des plateformes spécialisées telles que Yeepli propose par exemple les services de développeurs spécialisés blockchain.

Autrement, quelques stratups spécialiséeabc-supplychain.coms dans ce domaine ont récemment émergées telles que : ShipChain, FreshTruf, Origin Trail ou encore CargoX.

 

La technologie en reste néanmoins à ses balbutiements, n’est techniquement pas abordable par tous et doit encore prouver toutes les attentes qu’elle suscite.

 

Avant d’envisager cette solution, vous pouvez déjà mesurer les performances de votre supply chain ainsi que vos connaissances ou réaliser un audit et analyser les domaines présentant des faiblesses grâce à des outils simples et concrets.

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